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En chantier

L’avenir dure longtemps – 50 ans de guérilla des FARC

Un film de Pierre Carles

Au début du mois de septembre 1965, deux jeunes cinéastes français s’enfoncent dans la jungle colombienne à la rencontre des guérilleros des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), une organisation fondée quelques mois plus tôt dans un contexte de profondes inégalités sociales et de grande violence politique. Avec leur reportage Rio Chiquito, Bruno Muel et Jean- Pierre Sergent seront les premiers à témoigner de l’existence de cette guérilla paysanne qui cinquante années durant allait combattre les armes à la main, constituant le plus important maquis communiste de la deuxième moitié du XXème siècle. A l’heure où les FARC et le gouvernement colombien viennent de
signer des accords de paix historiques et sans doute définitifs, Muel, Sergent et les insurgés des FARC reviennent sur une histoire de résistance hors du commun et nous aident à mesurer le dernier défi de la guérilla : réussir la sortie du maquis et le retour à la vie civile.


Synopsis

Le point de départ du film, c’est le reportage tourné en 1965 dans la clandestinité par deux cinéastes français, Jean-Pierre Sergent et Bruno Muel : Rio Chiquito. Un reportage diffusé en janvier 1966 dans le cadre de la prestigieuse émission «Cinq colonnes à la Une». Alors que Rio Chiquito donnait à voir la naissance d’une guérilla, L’avenir dure longtemps montrera la sortie du maquis, cinquante ans plus tard. L’aventure fondatrice des FARC sera confrontée aux enjeux actuels du retour à la vie civile, avec en toile de fond l’histoire de cinquante ans de lutte armée et celle d’un demi-siècle de cinéma engagé. Une manière de boucler une boucle, et de formuler ainsi l’hypothèse suivante : filmer un Rio Chiquito à l’envers.

 

Cette histoire sera racontée par ses propres acteurs, des protagonistes de la première heure aux figures les plus récentes. Apparaîtront des personnages de légende comme Manuel Marulanda et Jacobo Arenas, aujourd’hui disparus et filmés par Muel et Sergent ; des vétérans du maquis, véritables mémoires vivantes de la guérilla et des nouveaux visages souvent jeunes et féminins, qui ont rejoint la lutte ces quinze ou vingt dernières années.

 

Ces femmes et ces hommes racontent l’entrée dans le maquis et la création de la guérilla dans un contexte de terrible répression politique; une guérilla paysanne qui va se rapprocher des idéaux communistes, va grandir en silence et peu à peu s’étendre à presque tout le pays. Ils racontent aussi la vie quotidienne dans le maquis, comment une communauté humaine de plusieurs milliers de personnes (environ 10.000 combattants aujourd’hui, jusqu’à 20.000 à la fin des années 90) a su adopter un mode de vie singulier pour pouvoir survivre dans la jungle et dans un contexte de guerre, un mode de vie communautaire où la notion de propriété privée devient tout à fait incongrue.

Ce film recèle enfin une histoire dans l’histoire : la relation complice entre des cinéastes et des guérilleros, de la rencontre fondatrice aux premières retrouvailles au début des années 80 (Longues Marches de Bruno Muel, 1983), de la distance qui se creuse à l’ultime retour, provoqué par la réalisation de ce nouveau film. Plus de cinquante ans après leur première rencontre, Bruno Muel et Jaime Guaraca, un des derniers fondateurs des FARC vivant encore, feront ensemble le bilan de cette longue histoire de résistance. Et c’est ainsi que se dessinera, en creux, l’histoire d’un engagement vital où amitié, idéal politique et cinéma sont intimement mêlés.


 

Pierre Carles réalise des documentaires. Ses sujets de prédilections : la critique des médias, la remise en cause du salariat, l’histoire des mouvements de lutte armée. Il est également l’auteur de portraits filmés de personnalités indépendantes combattant les idées reçues, comme le sociologue Pierre Bourdieu ou le professeur Choron.

Le Plaisir Féminin - Teaser

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