DANS LES OUBLIETTES DE LA RÉPUBLIQUE : GEORGES ABDALLAH
Résumé
Pourquoi la France a t-elle infligé une peine de 40 ans de prison au militant libanais pro-palestinien Georges Abdallah ? Une importante fake news, des ingérences répétées des USA sur la justice française, un pouvoir politique pro-atlantiste, et l’omerta des grands médias français sur cette affaire de détention hors-normes expliquent cette tentative d’application d’une « peine de mort lente » à ce combattant communiste, passée inaperçue dans la patrie des droits de l’homme.

Où se trouvait incarcéré le plus ancien prisonnier de la guerre israélo-palestinienne jusqu’en juillet 2025 ? A Hadarim (nord-Israël) où est détenu Marwam Barghouti, le « Mandela » palestinien ? Non, c’est en France, à la prison de Lannemezan, que croupissait Georges Abdallah depuis plus de 40 ans, avant sa libération l’été 2025. Ce militant communiste libanais âgé de 74 ans, ex-membre des FARL (Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises), proche du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), la composante marxiste de la résistance palestinienne, était libérable depuis… 1999. Il aurait pu finir sa vie en prison si la justice française avait continué d’être sensible aux pressions exercées par les Etats-Unis, ces derniers ayant toujours en travers de la gorge que leur attaché militaire à Paris, Charles Ray, ex-membre des services de renseignement durant la guerre du Vietnam, ait été assassiné par les FARL en 1982. Mais cette ingérence américaine n’explique pas, à elle seule, cette durée de détention inhabituelle dans l’Union Européenne pour des crimes à caractère politique.
Les médias français, prompts à s’insurger contre des atteintes aux droits de l’homme dans les geôles de Chine, d’Iran ou de Russie, sont restés ici étrangement silencieux durant 20 ans. Peut-être n’avaient-ils pas envie d’enquêter sur leur propre responsabilité dans cette « peine de mort lente » infligée à Georges Abdallah, selon les mots de son avocat. En 1986, la quasi-totalité de la presse française a, en effet, a attribué à tort à ce militant communiste et à ses frères une vague d’actes terroristes commis par des combattants chiites du Hezbollah, à l’époque où la France se montrait agressive à l’égard de Téhéran (soutien à l’armée de Saddam Hussein lors de la guerre Irak/Iran, non-règlement du contentieux Eurodif défavorisant l’Iran…).
Dans notre film, narrant cette histoire s’étirant sur près d’un demi-siècle, il sera question d’ingérence d’une puissance étrangère sur la justice française, de fake news des médias hexagonaux et d’un militant anti-impérialiste qui sait quel était le prix à payer pour rester fidèle à ses engagements de jeunesse en dépit de la dureté du châtiment subi. On croisera aussi des militants français et libanais mobilisés contre cette situation inique. Le récit va se déployer pour documenter un pan d’histoire méconnu et interroger le fonctionnement d’une « justice d’exception », selon les mots de l’avocat Jacques Gandini, membre de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme).
Grâce à l’engagement et à la ténacité de la productrice Annie Gonzalez, des monteuses Florence Jacquet, Pauline Dairou et Matthieu Parmentier, du technicien Ludovic Raynaud, des journalistes Léa Gasquet, Maëlle Mariette, Clara Menais, des filmeurs Pierre Bourgeois, Philippe Lespinasse Aurélie Martin et Brice Gravelle, des stagiaires Fanch Blanchard, Léo Lespinasse, Charlie Udave, et d’autres complices comme Nina Faure (que nous ne pouvons pas toutes citer ici), nous avons réussi à faire un grand bout de chemin. Il nous reste encore une ultime étape à franchir pour que ce long-métrage sorte en salles de cinéma et soit partagé par tous et toutes.
Financement participatif : objectif pouvoir finir le film avant le 30 octobre 2025
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