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Un berger (et deux perchés) à l’Élysée ?

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Par un concours de circonstances, Pierre Carles et Philippe Lespinasse, deux amis réalisateurs, se sont retrouvés à conseiller et à filmer l’élu pyrénéen Jean Lassalle qui a décidé de se présenter à l’élection présidentielle de 2017 bien qu’il n’ait ni parti, ni argent, ni entregent. Les mois précédents l’élection, et même après le scrutin, le député béarnais va leur en faire voir de toutes les couleurs : suspense sur l’obtention des 500 parrainages, voyage inopiné en Syrie pour y rencontrer Bachar El Assad, accusations de harcèlement sexuel à l’Assemblée nationale… Carles et Lespinasse ont suivi de près les faits et gestes du plus improbable des candidats à la magistrature suprême mais aussi les illusions et désillusions d’un homme que tout concourait à empêcher de prétendre aux plus hautes fonctions et qui a cru pendant quelques mois qu’un ex-berger pouvait accéder à l’Elysée.

 

Lors de l’appel à dons pour la réalisation du film, l’équipe a réalisé des teasers que vous trouvez ici en intégralité. 280 donateurs ont permis de récolter 12 400 euros. Le film sortira avec le distributeur Jour2Fête, la date n’est pas encore fixée.

 

Rencontre avec un grand fauve
Adieu lapins, cerfs, sangliers…
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L’histoire

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Par un concours de circonstances, Pierre Carles et Philippe Lespinasse, deux amis documentaristes, se retrouvent à concevoir un livre, un film et un clip de campagne pour le plus improbable des candidats à l’élection présidentielle française de 2017. Fils de berger, lui-même berger dans sa jeunesse avant de créer une PME de conseil en irrigation agricole, Jean Lassalle dispose de peu de moyens financiers, d’un faible réseau de relations et de troupes quasi inexistantes. Il n’a pas, de surcroît, vraiment de programme. « On verra bien quand je serai élu », répète-t-il. « Ceux qui ont des programmes ne les respectent pas sitôt qu’ils s’asseoient dans les fauteuils de l’Elysée ».

Déprimés par les sondages qui donnaient la gauche largement battue à la Présidentielle, les deux réalisateurs se demandent si l’ancien vice-président du Modem, le « moins à droite des candidats de droite », ne pourrait pas représenter la seule candidature humaniste anti-libérale susceptible de l’emporter à la Présidentielle française. Il espèrent incliner sa campagne et son programme, et rêvent d’un Lassalle s’inscrivant dans la lignée des chefs d’Etat progressistes latino-américains – Hugo Chavez, Rafael Correa… – auxquels il fait parfois référence, parvenus au pouvoir dans des périodes de fortes convulsions économiques et sociales, sans appareils politiques.

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Embarqués dans la campagne, séduits par la dimension pacifiste du candidat Lassalle, Carles et Lespinasse s’imaginent pouvoir jouer le rôle de conseillers politiques, tout en continuant leur travail de réalisateurs d’un film de propagande censé sortir au cinéma avant le premier tour dans le but de peser sur l’élection. Mais l’élu béarnais n’en fait qu’à sa tête : il ne suit aucun de leurs conseils, notamment lorsqu’il part à Damas rencontrer Bachar El Assad, le chef de l’Etat syrien responsable de crimes de guerre. Enfin, Carles et Lespinasse ne réalisent pas que le comportement très « tactile » de l’ex berger pyrénéen avec eux mais aussi à l’égard de la gent féminine risque de lui attirer des soucis.

 

Lâchés par leurs amis de gauche qui ne comprennent pas ce qu’ils fabriquent avec un homme politique de centre-droit, nos deux communicants improvisés ne se montrent pas brillants : ils échouent à influencer la campagne et ne parviennent pas non plus à achever dans les temps Un berger à l’Elysée ?, le long-métrage qui devait permettre à leur poulain de mieux se faire connaître pour accéder au deuxième tour. Pour couronner le tout, Jean Lassalle se voit accusé par une ancienne attachée parlementaire de lui avoir mis une main aux fesses neuf ans plus tôt. En dépit de ce bilan globalement négatif et du modeste score de Lassalle au premier tour (1,21 %), Carles et Lespinasse ne désespèrent pas de voir un jour surgir une candidature d’origine paysanne qui s’occuperait enfin du sort des plus démunis.

 


Les réalisateurs

Pierre Carles réalise des documentaires. Ses sujets de prédilections : la critique des médias, la remise en cause du salariat, l’histoire des mouvements de lutte armée. Il est également l’auteur de portraits filmés de personnalités indépendantes combattant les idées reçues, comme le sociologue Pierre Bourdieu ou le professeur Choron.

 

Philippe Lespinasse : réalisateur de documentaires, enseignant et collaborateur de la Collection de l’Art Brut, à Lausanne. Passionné par le monde de la mer, il a parcouru la planète pour traiter de sujets insolites, ethnologiques et maritimes.

samedi 27 octobre
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