SQUAT
SQUAT


Christophe Coello
Un pied en terre catalane, un autre en Amérique du sud, Christophe Colleo a realisé plusieurs documentaires sur les luttes en Amérique du sud, sur le maintien des langues indiennes ( Ecole en terre Maya / 1996), sur l’absurdité du miracle économique chilien voulu par Pinochet (Chili dans l’ombre du Jaguar / 1998) ou sur la lutte du peuple mapuche (Mari Chi Weu /2000). Dans la vieille Europe il a réalisé un documentaire sur la scolarisation des enfants gitans (Regards croisés sur l’école / 2006), ausculté un quartier HLM de Perpignan (Bonjour,bonsoir /2007). Il a co-réalisé avec Pierre Carles et Stéphane Goxe un dyptique sur le rapport au travail Attention danger travail /2003 suivi de Volem rien foutre al pais /2007
Un verrou qui cède, une porte qui s’ouvre, des cris de joie qui retentissent : un logement condamné est redevenu libre. Simple comme bonjour, la réappropriation qui ouvre le film de Christophe Coello est d’abord un moment d’intense vitalité. Jubilation de déjouer les plans de la société immobilière qui a entrepris de vider l’immeuble de ses habitants, jubilation de redonner vie à un bout de ville morte, jubilation de conquérir un toit au nez et à la barbe des promoteurs et au soulagement des derniers voisins.
Nous sommes dans un quartier populaire de Barcelone en proie à la spéculation, mais la scène pourrait se dérouler aussi bien dans n’importe quelle grande ville d’Europe. Gentrification, loyers hors de prix, opérations de « réhabilitation » destinées à remodeler à coups de serpe la population d’une rue ou d’un centre-ville : le spectateur évolue sur un terrain familier. Ce que lui divulgue le film, c’est une proposition de lutte concrète et collective contre cette mise en coupe réglée. Pendant huit ans, de 2003 à 2011, Christophe Coello a filmé de l’intérieur les actions de « Miles de viviendas » (« des milliers de logements »), un groupe de flibustiers barcelonais qui invente mille façons de repousser les murs du possible. Gloria, Vicente, Ada et les autres ne se contentent pas d’investir des habitations promises à la culbute financière, ils impulsent la résistance à l’échelle du quartier. Collecte d’informations sur les magouilles immobilières en cours, opérations festives de déminage du béton armé, intrusions chez les donneurs d’ordre, tissage de liens de solidarité avec les voisins – comme dans cette jonction improbable et pourtant fructueuse entre les « squatteurs » et les « vieilles dames » du quartier de la Barceloneta. Un combat perdu d’avance ? Pas sûr, car la mobilisation des habitants pour la défense de leur quartier se double d’une suggestion faite à chacun de reprendre le contrôle de sa vie. La note joyeuse par laquelle commence cette aventure retentit jusqu’après la dernière image. Film d’action, film qui donne envie d’agir, Squat nous embarque dans l’exploration des choix qui s’offrent à nous tous.
Parasite Distribution
Jean-Jacques Rue 06 16 55 28 57
Solveig Bjurström 06 77 04 61 31
Parasite.distribution@gmail.com
PRESSE
Samantha Lavergnolle